

À la veille de la nuit tragique du 17 octobre 1961, c'est-à-dire trois ans après l'arrivée du Général de Gaulle au pouvoir, l'indépendance de l'Algérie apparaît inéluctable. Pourtant la guerre, qui se déroule de l'autre côté de la Méditerranée depuis 1954, est en train de se propager violemment sur le territoire de la France métropolitaine.
Au cours des derniers mois, les assassinats se sont multipliés. De militants algériens tombés sous les balles de groupes pro-colonialistes ou de factions rivales au sein des indépendantistes. De policiers français exécutés lors d'opérations du F.L.N.
Dans ce contexte de fortes tensions, le gouvernement français considérant que par ces actions, le F.L.N. veut faire pression sur les négociations en cours, tente d'empêcher d'agir, par tous les moyens, les nationalistes algériens.
Parallèlement, les syndicats de policiers réclament, de la part de Maurice Papon, alors Préfet de Police de Paris, davantage de fermeté.
Le 5 octobre, celui-ci institue un couvre-feu pour les Nord-Africains.
En guise de riposte, la Fédération de France du F.L.N. appelle les Algériens de la région parisienne à manifester pacifiquement, avec femmes et enfants, le 17 octobre, à 20h30.